La soupe humaine à dévorer crue

Une publication à compte d’autrice, une soupe faite de vrac, qui a pour fondement le bouillonnement de l’inconscient. Je suis très sensible au monde dans lequel j‘évolue, la soupe humaine. Au quotidien, adopter une posture qui est l’observation des comportements humains et les miens, tenter de faire des comparaisons et des analogies, de constater et de réagir. Un monde de beauté et d’amour mais aussi de contradictions et d’aberrations. Ce n’est ici qu’une infime partie, voire une goutte d’eau, de ce que représente ma compréhension de ce monde très complexe, ceci présenté d’une manière poétique mais sans y aller avec le dos de la cuiller. Je fais partie de cette soupe au goût aigre doux. Je suis, issue de cette soupe. Une soupe qui transforme et me transforme.

Cette publication a été concoctée de la manière suivante :

  • La soupe humaine à dévorer crue a commencé bien avant son commencement réel. En 2017, est née l’idée de réaliser un cumul de dessins spontanés réalisés au quotidien La soupe humaine constituée de formes organiques, animales et humaines (êtres imaginaires que la déformation rend singuliers). Pour la création de la publication, être dans un processus de soustraction pour sélectionner de petits dessins. Et minutieusement créer des images à l’ordinateur (un jeu d’essais et d’erreurs). Un travail de longue haleine de tri, de numérisation, de retraçage, de recadrage, de coloration et d’association d’images tout en essayant, le plus possible, de préserver le caractère des dessins initiaux.
  • Pour les mots, depuis plus de dix ans, j’en fais la collecte; un cumul qui grossit au quotidien et qui a servi pour la publication. Encore ici, être dans un processus de soustraction pour arriver aux mots justes pour faire sens. Jouer avec les mots pour créer trois textes : un texte poétique sur la soupe humaine, un acrostiche constitué d’une longue série de mots, un genre de litanie ou de mélopée, et un abécédaire de verbes.
  • Et quelques photos que j’ai réalisées de fragments de mon corps.

Une fois la première maquette terminée, j’ai demandé à Anne Bérubé, Caroline Boileau et Christine Major, artistes et alliées, de me fournir leurs observations et commentaires. Et cet échange s’est poursuivi.

Un thème qui demande d’être approfondi. Un processus enclenché par cette étape d’une publication et qui n’est pas à son point final.